Développer l'accès à l'électricité des ménages

Résumé
L'accès universel à l'énergie est un défi majeur à l'échelle mondiale et constitue aussi l'objectif de développement durable n° 7 des Nations unies1. Des taux élevés de consommation d'énergie sont associés à une richesse et à un niveau de vie plus élevés 2. Cependant, en 2022, environ 685 millions de personnes n’avaient toujours pas accès à l'électricité3. Une grande partie des individus n’ayant pas accès à l'électricité dépendent de combustibles de substitution tels que le bois, le charbon, la biomasse, le kérosène ou le diesel pour leur énergie. Ces combustibles peuvent être bon marché et accessibles, mais ils contribuent également à la pollution atmosphérique locale, qui a des conséquences néfastes sur la santé et l'environnement. L'énergie électrique pourrait réduire la dépendance des ménages à l'égard des combustibles alternatifs polluants. Alors que de nombreux réseaux électriques sont encore alimentés par le charbon, l'élargissement de l'accès à l'électricité pourrait ouvrir la voie à une transition future à grande échelle vers des sources d'énergie renouvelables. L'amélioration des technologies liées aux énergies renouvelables pourrait également permettre aux régions dépourvues d'infrastructures électriques existantes de pouvoir éviter l’utilisation des sources d'énergie polluantes.
Malgré la relation entre la consommation d'énergie et l'amélioration du niveau de vie, les recherches visant à mesurer les effets causaux de l'accès à l'électricité ne s'accordent pas sur la manière dont il affecte le bien-être des ménages. Quatorze études (huit évaluations randomisées et six études quasi expérimentales) ont mesuré l'impact de l'électricité sur le bien-être des ménages à l'aide d'un large éventail d'indicateurs socio-économiques, tels que le revenu, la santé, l'éducation et les résultats professionnels. Plusieurs études non randomisées ont révélé des impacts positifs importants de l'accès au réseau sur nombre de ces paramètres [8][13][20][21], mais des évaluations randomisées et des études quasi expérimentales plus récentes ont révélé des impacts minimes de l'accès au réseau et de l'accès à l'énergie solaire hors réseau sur le bien-être des ménages [1][4][6][7][9][10][14]. Par exemple, quatre [1][6][7][14] des sept [1][6][7][8][13][14][21] études qui ont mesuré le revenu et les gains des ménages ont constaté que l'accès à l’électricité n'avait aucun impact. L'énergie, y compris l’accès à l'électricité, est un élément nécessaire à l'amélioration du niveau de vie, étant donné qu'il n'existe aucun exemple de pays devenant riche sans une consommation énergétique élevée. Cependant, les données suggèrent que l'accès des ménages à l'électricité n'est qu'un des facteurs essentiels à l'amélioration du bien-être humain et non la seule solution contre la pauvreté.
Les mesures socio-économiques que les chercheurs et les décideurs politiques utilisent généralement pour mesurer les avantages de l'électricité pour les ménages ne rendent pas pleinement compte de la valeur et des avantages de l'électricité pour les personnes. Les recherches futures devraient mesurer de manière plus cohérente les préférences révélées des ménages, telles que leur demande d'électricité à différents prix, afin de mieux comprendre la valeur que les ménages accordent à l'électricité et leur substitution entre les sources d'énergie.
Résultats
Des évaluations aléatoires de programmes permettant des raccordements subventionnés au réseau électrique ont révélé que leur impact sur le bien-être des ménages était minime à court terme. L'extension des réseaux électriques est un processus coûteux et long qui dépend de plusieurs facteurs politiques et économiques, ce qui rend les déploiements aléatoires des réseaux difficiles sur le plan logistique. Deux [4][14] des trois [3][4][14] évaluations aléatoires portant sur les efforts d'extension du réseau depuis 2009 ont révélé que l'amélioration de l'accès des consommateurs ruraux aux réseaux électriques n'avait pas d'impact sur le bien-être des ménages. Au Kenya, les raccordements subventionnés au réseau électrique n'ont eu aucun impact sur la consommation des ménages, la santé, les résultats scolaires des élèves ou la valeur des biens possédés [14]. De même, en Éthiopie, le raccordement au réseau électrique n'a eu aucun impact sur le taux d'activité des ménages, le temps consacré aux tâches ménagères ou aux loisirs, les habitudes d'étude des enfants ou les dépenses énergétiques [4]. La seule évaluation randomisée qui a révélé d'importants effets positifs sur la santé a été menée au Salvador. Après deux ans, les ménages qui avaient reçu un bon de réduction pour se raccorder au réseau électrique ont constaté une diminution de la pollution de l'air intérieur pendant la nuit et une baisse de 8 à 14 % des cas d'infections respiratoires chez les enfants par rapport aux ménages qui n'avaient pas reçu de bons [3].
L'une des raisons pour lesquelles les évaluations randomisées des programme d'expansion des réseaux électriques ont révélé peu d'effets sur le bien-être (en dehors des effets immédiats du passage à des sources de combustible moins polluantes), pourrait être due à l'accent mis sur la connexion des ménages individuels et au fait que les résultats ont été mesurés sur le court terme(entre un et quatre ans). Si les effets de l'expansion du réseau dépendent de changements globaux dans l'accès à l'électricité ou prennent du temps à se développer, alors les études à petite échelle et à court terme peuvent passer à côté des effets sur le travail, l'économie et/ou l'éducation. Des recherches plus approfondies pourraient révéler l'importance d'un accès à plus grande échelle et à plus long terme.
Un plus grand nombre d'études quasi expérimentales ont montré que l'électricité générait des avantages sociaux pour les consommateurs dans plusieurs contextes, en particulier à long terme et sur de vastes zones géographiques. Les conditions économiques existantes peuvent favoriser ces avantages. Quatre études quasi expérimentales menées au Brésil, en Inde et en Afrique du Sud ont révélé que l'accès à un réseau électrique augmentait l'emploi et le nombre d'heures que les membres du ménage pouvaient travailler [8][13][20][21]. Trois études menées au Brésil et en Inde ont également révélé que l'accès à l'électricité augmenterait les revenus des ménages ou la consommation et les dépenses (deux mesures courantes du revenu des ménages) [13][20][21]. Si ces études quasi expérimentales fournissent des preuves des avantages de l'électrification du réseau, elles présentent également des limites qui peuvent rendre difficile la distinction entre les effets causaux de l'électrification sur le bien-être des ménages et d'autres facteurs. Plusieurs de ces études ont examiné les impacts de l'expansion à grande échelle des infrastructures sur une longue période et leurs estimations peuvent également refléter des changements économiques autres que la disponibilité du réseau électrique qui pourraient influencer leurs résultats.
Les impacts socio-économiques de vastes extensions d'infrastructures reliant de grandes zones géographiques se produisent généralement sur de nombreuses années [8][13][20][21]. A contrario, deux études [7][9] du programme d'électrification rurale en Inde ont révélé que le programme d'extension du réseau à grande échelle n'avait eu aucun effet sur l'emploi. L'une de ces études [7] n’a également constaté aucun effet sur la consommation et les dépenses moyennes des ménages, ou sur l'éducation en général. Cependant, lorsque ces résultats ont été analysés de plus près par différents types de villages, les dépenses, la croissance des entreprises et l'emploi dans le secteur industriel ont augmenté dans les grands villages et les villages ayant une activité économique importante, mais pas dans les petits villages ou les villages avec une activité économique plus réduite. Les différentes conclusions—et les différentes méthodologies—des études portant sur des échantillons plus larges sur des périodes plus longues suggèrent que certains des bénéfices de l'électricité peuvent ne se concrétiser qu’après un certain laps de temps et que des conditions économiques complémentaires peuvent influencer les impacts ultimes de l'électrification à grande échelle, qui peuvent ne pas être apparents à court terme.
Des évaluations randomisées de dispositifs à énergie solaire hors réseau ont révélé des bénéfices en matière d'éducation ou de santé dans certains contextes, mais des bénéfices limités en matière de bien-être dans d'autres, peut-être parce que ces dispositifs fournissent de faibles quantités d'énergie. Cinq évaluations randomisées de dispositifs à énergie solaire hors réseau ont étudié soit des panneaux solaires, soit des lampes à énergie solaire appartenant à des ménages, soit des micro-réseaux privés reliant plusieurs ménages. En général, de nombreux dispositifs à énergie solaire hors réseau, y compris ceux testés dans ces études, offrent de faibles quantités d'énergie qui peuvent être utilisées pour l'éclairage ou de petits appareils tels que des chargeurs de téléphone.
Deux études menées au Kenya ont révélé que les lampes à énergie solaire distribuées gratuitement dans les écoles avaient des effets positifs sur l'éducation, augmentant les résultats des élèves aux tests de mathématiques dans un cas [12] et augmentant les taux de réalisation des devoirs, mais n'ayant aucun effet sur les résultats aux tests, dans l'autre [18]. L'une des études a également révélé une réduction des symptômes d'infections oculaires et respiratoires liées à la pollution [18]. Une autre étude menée au Rwanda indique que les kits solaires avec piles et lampes augmentent le temps que les garçons de moins de 12 ans passent à étudier, bien qu'il n'y ait eu aucun impact pour les filles ou les garçons plus âgés [10].
Cependant, des évaluations randomisées de micro-réseaux solaires dans d'autres contextes n'ont pas permis de constater d'impact sur d'autres mesures de bien-être. Une évaluation randomisée menée en Inde a révélé que la fourniture de micro-réseaux solaires à des groupes de ménages dans les zones rurales de l'Uttar Pradesh n'avait pas d'impact sur le travail, l'épargne, la consommation ou l'éducation des ménages [1]. Une autre étude menée au Bihar a également révélé que l'accès subventionné aux micro-réseaux solaires n'avait aucun effet sur la santé des ménages, les revenus ou les résultats des élèves aux tests de mathématiques, bien que les chercheurs aient constaté des effets positifs mais imprécis sur les résultats des élèves aux tests de lecture [6]. Ces résultats suggèrent que les élèves pourraient utiliser l'énergie solaire hors réseau pour s'éclairer afin de faciliter leurs études, mais que la fourniture d’énergie pourrait être trop limitée pour être utile à d'autres activités, et que son utilisation pour l'éclairage dépend probablement de la disponibilité d'autres sources de lumière et de la fiabilité des dispositifs à énergie solaire.
La demande des ménages pour l’électricité était très sensible au prix, que cette électricité provienne d’une source raccordée au réseau ou non. Les deux évaluations randomisées qui n'ont constaté aucun impact de l'accès au réseau sur l'emploi, l'éducation, la consommation ou la santé moyens des ménages ont identifié les coûts élevés comme un obstacle qui empêchait de nombreux ménages de se raccorder au réseau et de l'utiliser lorsqu'il était disponible [4][14]. Par exemple, au Kenya, seuls environ 23 % des ménages ayant bénéficié d'une subvention de 57 % et 6 % de ceux ayant bénéficié d'une subvention de 29 % se sont raccordés au réseau [14]. Plusieurs études ont également révélé une faible demande de dispositifs à énergie solaire aux prix du marché. Au Cameroun [17] et au Kenya [18], seuls 29 et 31 % des ménages ont acheté une lampe solaire lorsqu'elle était proposée au prix du marché, respectivement. Des études menées au Cameroun [17], en Inde [5], au Kenya [18] et au Rwanda [11] ont révélé que la demande de dispositifs à énergie solaire hors réseau était nettement plus élevée lorsque ceux-ci étaient proposés à des prix subventionnés. Par exemple, les ménages indiens étaient 13,3 points de pourcentage plus susceptibles de se connecter à un micro-réseau solaire à moitié prix par rapport au prix complet [5].
La faible adoption et utilisation pourraient expliquer pourquoi un grand nombre de ces études ont révélé que l'accès à l'électricité avait peu d'impact sur plusieurs résultats en matière de bien-être. Les ménages à faible revenu sont confrontés à des contraintes financières qui peuvent les amener à préférer utiliser leur argent pour autre chose que le raccordement au réseau ou le paiement de l'électricité une fois raccordés. Les données suggèrent que le subventionnement des coûts de raccordement peut accroître l'adoption de l'électricité. Cependant, dans l’étude sur la subvention du réseau au Kenya [14], les ménages ont peu utilisé l'électricité, même lorsque leur raccordement au réseau était gratuit. Si les prix du raccordement et de l'utilisation de l'électricité expliquent en partie les faibles effets mesurés à court terme, il est nécessaire de disposer de plus de données sur la manière dont d'autres facteurs, tels que la fiabilité et la taille de la charge, influencent la demande d'électricité des ménages.
Ces études ont mesuré les impacts de l'accès des ménages à l'électricité sur un large éventail de résultats socio-économiques qui peuvent ne pas refléter ce que les ménages eux-mêmes apprécient dans l'électricité. Sur les quatorze évaluations randomisées et études quasi-expérimentales qui ont mesuré les impacts de l'accès à l'électricité via le réseau et hors réseau sur le bien-être des ménages, sept ont étudié les effets sur les revenus ou les salaires des ménages, six ont étudié les effets sur les résultats en matière de santé, dix ont étudié les effets sur les résultats en matière d'éducation, onze ont étudié le travail ou l'utilisation du temps, trois ont étudié le bonheur ou la satisfaction dans la vie, sept ont mesuré les dépenses énergétiques des ménages et quatre ont mesuré les dépenses totales des ménages. Parmi ces études, seules trois ont constaté des impacts positifs sur le revenu ou les gains, deux sur la santé, cinq sur l'éducation, quatre sur le travail, deux sur la satisfaction dans la vie, quatre sur les dépenses énergétiques et une sur les dépenses globales (voir tableau 1). Sur la base de ces résultats, il est peu certain que les chercheurs ou les décideurs politiques puissent s'attendre à ce que l'accès à l'électricité améliore à lui seul tous ces indicateurs socio-économiques. Même lorsque l'infrastructure électrique est disponible, les contraintes financières peuvent conduire les ménages à limiter leur consommation d'électricité au profit d'autres besoins essentiels [15]. Les mesures socio-économiques traditionnelles peuvent également ne pas tenir compte des avantages que les ménages peuvent tirer de l'électricité lorsqu'ils en ont les moyens. Pour les décideurs politiques qui cherchent à améliorer rapidement des indicateurs de bien-être spécifiques, des interventions alternatives peuvent offrir des solutions plus rentables.
Les recherches futures devraient se concentrer de manière plus cohérente sur la mesure des préférences révélées des ménages afin de comprendre la valeur que les gens accordent à l'électricité et les arbitrages qu’ils font entre différentes sources d'énergie. Les ménages à la frontière énergétique mondiale combinent et substituent souvent plusieurs sources d'énergie pour répondre à leurs besoins, notamment le réseau électrique, l'énergie solaire, le diesel, le kérosène ou les combustibles solides. Les études qui se concentrent uniquement sur une source ou qui ne mesurent qu'une poignée d'indicateurs socio-économiques peuvent ne pas saisir la valeur globale de l'énergie et les dépenses induites par les différentes sources d'énergie de substitution, ni ce que font les ménages lorsque l'électricité n'est pas disponible, n'est pas fiable ou coûte trop cher.
Par exemple, dans une évaluation randomisée en Inde, des ménages non connectés se sont vu proposer aléatoirement des connexions à des micro-réseaux solaires lors d'une expansion en cours du réseau national. La demande des participants pour le réseau était plus élevée que la demande pour les sources d'électricité hors réseau, en particulier parmi les ménages les plus riches, mais les ménages étaient plus susceptibles de se connecter à un micro-réseau solaire lorsqu'il était subventionné et lorsque le réseau national n'était pas disponible ou abordable. En modélisant la valeur accordée par les ménages à toutes les sources d'électricité, les chercheurs ont constaté qu’ils appréciaient davantage le choix entre plusieurs sources d'électricité que n'importe quelle source seule. Les chercheurs suggèrent que les ménages préfèrent la plus grande puissance électrique fournie par le réseau national, d'autant plus que les ménages plus aisés sont plus susceptibles de posséder des appareils qui nécessitent plus d'énergie pour fonctionner [5]. Ces résultats suggèrent que les ménages apprécient d'avoir le choix et de pouvoir passer d'une source d'énergie à l'autre en fonction de leurs besoins. D'autres études suggèrent que les sources hors réseau peuvent être utiles pour compléter les réseaux lorsque la connectivité n'est pas fiable ou lorsque les coupures de courant sont fréquentes [5][2]. Les recherches futures sur la manière dont les ménages arbitrent entre les sources d'électricité et d'autres alternatives énergétiques pourraient fournir davantage de preuves sur la valeur d’un accès généralisé à l’électricité, par opposition à une analyse centrée sur chaque source prise isolément. En outre, l'étude de la demande peut donner aux chercheurs et aux décideurs politiques une meilleure idée de la manière dont les ménages apprécient l'électricité par rapport à d'autres biens, et peut donner un meilleur aperçu des avantages que les ménages retirent de l'accès à l'électricité et qui ne peuvent pas être saisis par les seuls indicateurs socio-économiques.
Les résultats disponibles ne montrent pas que l'accès à l'électricité suffit à lui seul à sortir les ménages de la pauvreté et suggèrent que ses effets ultimes peuvent dépendre du contexte économique local, de la disponibilité d'autres sources d'énergie et de la période sur laquelle les résultats sont mesurés. Néanmoins, l'énergie est un élément essentiel pour améliorer le niveau de vie des ménages, et l'électricité peut fournir des services, tels que la recharge des téléphones portables et l'alimentation des appareils ménagers, que d'autres sources d'énergie ne peuvent pas fournir. Les chercheurs et les décideurs politiques devraient considérer l'accès à l'électricité comme un élément de la réduction de la pauvreté plutôt que comme une solution complète en soi. Bien que ce ne soit pas l'objet de cette étude, il est prouvé que l'accès à l'électricité peut être très bénéfique pour les entreprises et contribuer à stimuler une croissance économique plus large qui pourrait profiter aux ménages à faibles revenus en augmentant les possibilités d'emploi ou les salaires [16][19]. Il est nécessaire de mener des recherches plus approfondies sur la demande des ménages et leur volonté de payer pour des raccordements électriques, sur les modèles de substitution entre les sources d'électricité et sur l'impact de facteurs tels que le prix et la fiabilité sur la capacité des ménages à tirer profit de l'électricité afin d'aider les décideurs politiques à déterminer les priorités en matière d’électrification des ménages.
Documents supplémentaires : Études sur l'accès des ménages à l'électricité
Tableau 1 : Impacts socio-économiques de l'accès des ménages à l'électricité
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